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BE 2025 - Électrification des usages

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L'ambition de réduire les imports de combustibles fossiles peut désormais s'appuyer sur de nombreux projets d'électrification qui ont déjà sécurisé leur accès au réseau pour les prochaines années

Les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) restent aujourd’hui prédominantes dans la consommation d’énergie finale en France : en 2024, elles représentaient environ 56 % de la consommation en France métropolitaine, tandis que l’électricité ne comptait que pour 27 %1. Cette consommation importante d’énergies fossiles est à l’origine de l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre du pays.

L’analyse des données historiques montre que l’électrification a suivi différentes tendances selon les périodes. À la fin du XXe siècle, la part de l’électricité dans la consommation finale a augmenté progressivement, sous l’effet de l’électrification partielle de certains usages comme l’eau chaude sanitaire et le chauffage, passant d’environ 10% en 1970 à 26 % en 2010. Depuis cette date, le taux d’électrification de l’économie a maintenu une relative stabilité. 

Alors que l’électrification doit permettre d’accompagner la bascule des énergies fossiles vers les énergies bas-carbone nécessaire à l’atteinte des objectifs climatiques et de souveraineté énergétique (voir les analyses du Bilan prévisionnel ou des Futurs énergétiques 2050), les tendances récentes montrent donc que ce mouvement n’est pas encore concrètement engagé. 

PartEnergie
Données bilans électriques RTE
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Dans le détail, la part de l’électricité par rapport aux énergies fossiles varie significativement selon les secteurs. 

Le secteur des transports est à la fois le secteur le plus consommateur d’énergie et le plus dépendant des énergies fossiles, avec une part des fossiles atteignant près de 90 % de la consommation du secteur. 

Les énergies fossiles comptent également pour une part significative de la consommation énergétique des autres secteurs. Notamment, elles couvrent toujours 34 % de la consommation énergétique du secteur résidentiel, principalement pour le chauffage ainsi que pour l’eau chaude sanitaire et la cuisson. Dans l’industrie, près de la moitié de la consommation d’énergie finale est alimentée par les énergies fossiles. Enfin, la part des fossiles dans le tertiaire et l’agriculture s’élève à 35 % et 76 % respectivement. 

RepartitionUsages
Données bilans électriques RTE
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Du fait de sa consommation prépondérante de produits fossiles, le transport est de loin le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France : ses émissions représentent plus d’un tiers (34 %) des émissions directes2. Par ailleurs, c’est le seul secteur pour lequel les émissions étaient stables en 2024 par rapport à leur niveau de 19903, alors qu’elles ont connu des dynamiques baissières dans les autres secteurs. Suivent l’agriculture, avec environ 20,6 % des émissions, l’industrie manufacturière et le secteur de la construction (16,9 %), les bâtiments résidentiels et tertiaires (15,5 %), l’industrie de l’énergie (9 %) et la gestion des déchets (4,2 %). 

Seulement une petite partie des émissions est liée à la production d’électricité : environ 10 MtCO2eq en 2025, soit de l’ordre de 3 % des émissions françaises, puisque celle-ci est très largement décarbonée (à la hauteur de 95 % en 2024 et 2025), à la différence d’autres pays. Ainsi, l’enjeu principal réside dans la substitution des combustibles fossiles dans les secteurs au-delà de la production d’électricité : l’électrification de ces usages est un levier essentiel pour y parvenir, réduisant la dépendance aux importations de fossiles et les émissions.

Emissions
Données bilans électriques RTE
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La stratégie française de décarbonation s’appuie sur une stratégie conjointe de réduction de la consommation d’énergie totale tous vecteurs confondus (promotion de l’efficacité énergétique et des actions de sobriété) et de bascule vers les énergies bas-carbone, en particulier via l’électrification qui peut être déployée pour décarboner de nombreux usages énergétiques de manière très efficace. En effet, pour certains usages, l’électrification est également une source importante d’économies d’énergie : à titre d’exemple, un véhicule électrique consomme environ trois fois moins d’énergie qu’une voiture thermique ; de même pour une pompe à chaleur électrique par rapport à une chaudière fonctionnant au gaz ou au fioul.

Dans la trajectoire de la Programmation pluriannuelle de l’énergie publiée en février 2026, la part d’électricité dans la consommation d’énergie finale atteindrait 34 % en 2030 puis 38 % en 2035, soit une trajectoire globalement cohérente avec le scénario de décarbonation rapide présenté par RTE dans le Bilan prévisionnel 2025. Le gouvernement annonce également un plan d’électrification des usages dans le but d’aboutir à « des propositions concrètes dans les secteurs de l’industrie et l’artisanat, du numérique, du bâtiment et des mobilités »4. L’électrification représente en effet un levier important pour l’atteinte des objectifs de décarbonation, qu’on retrouve dans la plupart des stratégies des autres pays européens.
 

Camembert
Données bilans électriques RTE
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L’électrification représente une opportunité pour renforcer la souveraineté énergétique de la France

La facture énergétique de la France, c’est-à-dire la différence entre la valeur des produits énergétiques importés et exportés, est largement déficitaire : en 2025, elle s’est élevée à environ 47,6 Md€, dont 53 Md€ liés aux importations de produits fossiles. Ces derniers proviennent en majorité de pays non européens ou des pays de l'ancien bloc soviétique (notamment l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan et la Russie) à hauteur de 57 % pour les importations de gaz naturel et de 90 % pour les importations de pétrole brut. À titre d’exemple, la France importait, en 2024, 77 TWh de gaz naturel de la Russie et 90 TWh des Etats-Unis5.

Les produits énergétiques représentent donc une partie majeure6 du déficit commercial français en biens (69,2 Md€ en 20257). Il ne s’agit pas d’une situation exceptionnelle : la facture énergétique de la France s’est située entre 28 et 86 milliards d’euros 2025 entre 2009 et 2020 (avec un pic de 127 milliards en 2022, au plus fort de la crise énergétique)8 Lorsque la France est exportatrice d’électricité, comme c’était le cas tous les ans depuis le début des années 1980 et à l’exception de l’année 2022, la valorisation de l’électricité exportée contribue à réduire la facture énergétique, même si son poids (5,4 Md€ en 2025, voir le chapitre Échanges) reste limité par rapport à celui des combustibles fossiles. 

Ainsi, la substitution de la consommation de combustibles fossiles par l'électricité permettrait à la fois de réduire la dépendance dans les approvisionnements vis-à-vis des pays non européens dans le domaine stratégique de l’énergie, et de réduire le déficit commercial. Le choix de l’électrification est d’autant plus pertinent que la France dispose d’ores et déjà d’une électricité abondante et largement décarbonéeà des prix inférieurs à ceux de la plupart des autres pays européens (voir le chapitre Prix). Les derniers travaux prospectifs de Rte ont notamment identifié une « situation stratégique (…) très avantageuse pour décarboner rapidement » l’économie française, « sans risque de conflits d’usage entre filières à électrifier »9

Balance commerciale française entre 2016 et 2025 avec un focus sur l’énergie
Données bilans électriques RTE
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SDES, Chiffres clés de l’énergie, janvier 2026. Données corrigées des variations climatiques. Taux d’électrification hors usages non énergétiques des matières premières. Les données 2025 ne sont pas disponibles au moment de la publication du Bilan électrique.

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La part des émissions est calculée en excluant la contribution de l’UTCAF (Utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie), qui est négative.

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Données Douane, calculs RTE. Les agrégats réalisés ici sont issus de la classification des rapports trimestriels des douanes et comprennent les produits AZ, B05-8Z, C1-C5, D, E, JZ, MN, RU. 

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Source Douanes, déficit commercial en biens, FAB/FAB. La valorisation des produits énergétiques est présentée ici avec la convention CAF/FAB puisque la correction CAF/FAB à FAB/FAB n’est disponible que pour le total

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Voir également le chapitre Échanges.

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Le chauffage dans les logements et les bâtiments tertiaires dépend encore largement des fossiles

Le taux d’électrification de la consommation d’énergie finale des bâtiments s’élève à 34 % pour les logements et à 55 % pour les bâtiments tertiaires. Si certains usages tels que la ventilation ou la climatisation sont largement électrifiés, d’autres, comme le chauffage, le sont aujourd’hui beaucoup moins. En effet, malgré un taux d’électrification plus élevé que dans d’autres pays, le chauffage dépend encore largement des énergies fossiles : en 2024, elles représentaient 47 % de la consommation énergétique du chauffage résidentiel1 (dont 35 % pour le gaz naturel et 11 % pour le fioul) et 68 % de la consommation énergétique du chauffage dans les bâtiments tertiaires. L’électricité ne couvre quant à elle que 19 % des besoins de chauffage dans le résidentiel, le reste étant couvert par d’autres sources telles que le chauffage au bois ou les réseaux de chaleur.

Il en découle que les émissions des logements et des bâtiments tertiaires sont principalement liées à l’usage de combustibles fossiles pour le chauffage2. Le développement de solutions électriques et efficaces, telles que les pompes à chaleur, en remplacement des chaudières utilisant des combustibles fossiles constitue ainsi un des leviers privilégiés de la décarbonation du bâtiment. 
 

Consommation énergétique par usage des secteurs résidentiel et tertiaire
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PartChauffageCEREN
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Les ventes de pompes à chaleur ont reculé depuis 2024

L’énergie de chauffage principale utilisée dans les bâtiments résidentiels ou tertiaires dépend principalement de leur année de construction. En effet, le choix dépend des infrastructures disponibles (comme les réseaux de chauffage urbain ou de gaz), des solutions techniques existantes, de leurs prix relatifs et des réglementations en vigueur. 

Historiquement, le chauffage a déjà connu deux vagues d’électrification3 : la première pendant les décennies 1970 puis 1980, sur la base de chauffages électriques « joule » principalement, en même temps que le développement du nucléaire civil en France. La seconde au cours des années 2000, sous l’effet de la hausse du prix des énergies fossiles qui entraîne une substitution des énergies de chauffages au profit de l’électricité. Pendant ces deux périodes, la part du chauffage électrique dans les logements neufs a augmenté jusqu’à dépasser 50 %. 

Compte tenu de l’inertie dans l’évolution des modes de chauffage dans le secteur des bâtiments, ces vagues d’électrification se retrouvent encore aujourd’hui dans la composition du parc de chauffage : ainsi, environ un tiers des logements (32 % en 2020) sont aujourd’hui équipés d’un chauffage électrique joule

Après 2010, l’électrification du chauffage a été principalement portée par le développement des pompes à chaleur, notamment dans les logements neufs.  Très peu développées au début des années 2000, leur consommation pour le chauffage des logements a dépassé les 10 TWh4 en 2023 et elles pèsent désormais pour un peu moins de 3 % de la consommation énergétique des logements résidentiels.  En 2024, les pompes à chaleurs électriques étaient le système de chauffage principale d’environ 10 % des résidences principales.

Pourtant, depuis 2024, on observe une rupture avec la dynamique de croissance des quinze dernières années. En effet, l’année 2024 avait marqué un recul significatif des ventes de pompes à chaleur avec environ un million d’unités vendues5 soit 200 000 unités en moins par rapport à l’année précédente. En 2025, les ventes de pompes à chaleur sont restées stables par rapport à l’année précédente6.

VentesPompesChal
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La dynamique observée depuis 2024 est en partie provoquée par la tendance concernant la construction de logements neufs : on dénombre 274 600 mises en chantier de logements sur l’année 2025 soit 21,3 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Par ailleurs, même si le nombre de logements autorisés en 2025 (379 0007) a progressé par rapport à 2024 (+ 14%), il reste inférieur de 8,8 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. 

Le nombre total de rénovations thermiques est en baisse mais le nombre de rénovations d’ampleur est en hausse

Le parc de logements est caractérisé par une forte inertie : la construction annuelle de nouveaux bâtiments est de l’ordre de plusieurs centaines de milliers d’unités alors que le parc de résidences principales s’élève à plusieurs dizaines millions de logements (38,4 millions de logements au 1er janvier 2025). 

Ces ordres de grandeur mettent en lumière l’intérêt des rénovations des logements existants, en particulier en ce qui concerne le remplacement du système de chauffage, pour réduire à la fois leur consommation d’énergie fossile et leurs émissions de gaz à effet de serre. 

Au 1er janvier 2025, la classe de diagnostic de performance énergétique (DPE) la plus représentée dans le parc de logements était la classe « D ». Les logements les moins performants, notés F et G (souvent désignés par le terme « passoires thermiques ») représentaient encore 3,9 millions8 de résidences principales (environ 12,7 % du parc) en 2025 et sont les cibles prioritaires des politiques de rénovation thermique. La part de ces logements dans le parc a diminué en 2025 : environ 327 000 logements en moins, soit 1,2 points en moins dans le parc.

Aujourd’hui, la rénovation thermique des bâtiments est accompagnée par l’État, principalement via le dispositif MaPrimeRenov’. Ce dispositif aide à financer une partie des travaux de rénovation, qu’ils soient « par geste », c’est-à-dire correspondant à un geste unique comme le changement de mode de chauffage ou l’isolation du bâtiment, ou des « rénovations d’ampleur », les plus performantes, bénéficiant d’un accompagnement sur mesure. 

Le guichet MaPrimeRenov’ a été temporairement suspendu lors de la séquence budgétaire 2025-2026 si bien que les données mises à disposition par l’ANAH pour l’année 2025 s’arrêtent au troisième trimestre. Il a été réouvert lors de la promulgation de la loi de finances 2026 et dispose d’un budget de 3,6 milliards d’euros pour cette année (3,4 milliards en 2025) ce qui devrait permettre « le financement d’au moins 120 000 rénovations d’ampleur et 150 000 rénovations par geste »9.

Depuis 2024, l’ANAH favorise plus les rénovations d’ampleurs que par le passé, ce qui explique en partie la rupture dans le nombre de logements rénovés - en baisse par rapport à avant 2024 (226 00010 logements fin T3 25) - et dans les montants d’aide accordés, qui eux sont sensiblement à la hausse (2,7 milliards d’euros fin T3 2025 contre 1,85 milliards d’euros fin T3 2024). Comparativement à la même période sur l’année 2024, le nombre de rénovations est stable mais les rénovations d’ampleur, plus conséquentes et efficaces, ont été effectuées dans 77 650 logements contre 42 700 en 2024. Elles concentrent désormais 82 % du montant des aides accordées contre 60 % l’année précédente. 

 

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Parmi ce million d’unités, environ 800 000 unités sont des pompes à chaleur air-air qui peuvent servir à la fois de chauffage et de climatisation.

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Au premier janvier 2026, une évolution du facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité est passée de 2,3 à 1,9 ce qui – entre autres – aura pour conséquence de faire sortir du statut de passoire énergétique un certain nombre de ces logements et à plus long terme de favoriser le chauffage électrique par rapport aux autres modes de chauffage plus carbonés. 

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 Les chiffres présentés ici s’arrêtent au 3ème trimestre 2025 puisque le guichet de l’ANAH est actuellement suspendu en l’attente de l’adoption du projet de loi finance 2026.

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La mobilité électrique poursuit son développement, mais la consommation des transports est encore couverte à 90 % par les combustibles fossiles

Le secteur des transports est à la fois le plus consommateur d’énergie finale (un tiers de la consommation finale énergétique française) et le plus émetteur de gaz à effet de serre (un tiers des émissions de gaz à effet de serre) en France. Au sein du secteur, c’est le transport routier de personnes et de marchandises, alimenté en grande partie par des produits pétroliers, qui est à l’origine de l’essentiel de la consommation énergétique et par conséquent des émissions de gaz à effet de serre (53 % pour les véhicules particuliers, 22 % pour les poids lourds, 15 % pour les véhicules utilitaires légers1).

Le développement du véhicule électrique est un des leviers principaux permettant de remplacer efficacement l’utilisation des énergies fossiles dans les transports, en particulier en ce qui concerne les transports routiers. Le parc automobile français est composé de près de 43 millions de véhicules légers (voitures particulières et véhicules utilitaires légers) dont 1,7 million sont d’ores et déjà (à fin 2025) des véhicules tout-électriques2. S’ajoutent 850 000 véhicules hybrides rechargeables, qui utilisent à la fois des combustibles fossiles et de l’électricité.
 

Les ventes de véhicules électriques ont repris leur progression mais doivent encore accélérer pour atteindre les objectifs publics

En 2025, les ventes de véhicules particuliers tout-électriques ont dépassé les 330 000 unités, soit le volume le plus élevé jamais atteint en France3. Cela représente une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente, malgré la baisse des aides à l’achat survenue courant 2025. Leur part de marché a augmenté pour atteindre près de 20 %, contre 16,8 % en 2024 : ainsi, en 2025, un véhicule particulier vendu sur cinq était un véhicule tout-électrique. 

Depuis 2011, les ventes de ces véhicules n’ont cessé de croître annuellement en France, à l’exception de 2024 où elles s’étaient stabilisées, alors que le marché automobile dans son ensemble ralentit depuis 2024. Ainsi, le parc de véhicules particuliers tout-électriques a atteint 1,5 million d’unités fin 2025. À cela s’ajoutent 825 000 voitures hybrides, contre respectivement 1,2 million de voitures tout-électriques et 721 000 voitures hybrides en 2024.

La consommation électrique des véhicules particuliers (tout-électriques et hybrides rechargeables) représente de l’ordre de 4 TWh en 2025, en hausse de 33 % par rapport à l’année précédente4. Cela représente environ 6 % du parc de voitures particulières, le taux de renouvellement du parc automobile s’élevant à environ 5 % par an.
 

Ventes de voitures particulières tout-électriques neuves en France entre 2011 et 2025
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La dynamique concernant les autres catégories de véhicules électriques est également positive. Le nombre d’immatriculations de véhicules utilitaires légers, de véhicules de transport en commun de personnes et de poids lourds tout-électriques a augmenté respectivement de 28 %, 8 % et 39 %5 entre 2024 et 2025.

L’électrification de ces segments est moins avancée que pour les véhicules particuliers mais croît rapidement : en effet, les véhicules tout-électriques ont représenté respectivement 9,6 %, 11,4 % et 3,7 % des nouvelles immatriculations en 2025 dans les trois catégories. Ces véhicules restent cependant encore minoritaires dans le parc existant.  

Part des véhicules tout-électriques dans le parc et dans les nouvelles immatriculations
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L’effet de la progression des ventes de véhicules électriques est visible dans les émissions moyennes de gaz à effet de serre des véhicules neufs, qui sont en baisse continue depuis 2020. Elles sont en effet passées de 111 g/km en 2020 à 83 g/km pour les véhicules particuliers et de 177 g/km à 163 g/km pour les véhicules utilitaires légers, même si toute la baisse n’est pas attribuable uniquement aux véhicules électriques, une partie de celle-ci venant de l’amélioration de l’efficacité des moteurs thermiques.

Parc
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Le développement des infrastructures de recharge reste dynamique malgré un ralentissement en 2025

Le développement des infrastructures de recharge s’est également poursuivi en 2025 avec l’installation de près de 31 0006 bornes de recharge publiques soit une hausse de 20 % pour un parc total de 185 500 bornes. La tendance haussière reste forte malgré un ralentissement du rythme de progression du nombre d’installations qui était en moyenne de + 48 % par an entre 2021 et 2024.

Recharges
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Périmètre : France entière

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Il s’agit d’une estimation sur la base du parc de véhicules et d’hypothèses de kilométrage et de consommation kilométrique.

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Avere-France

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L’électrification des usages est une opportunité pour l’industrie française mais elle tarde à se concrétiser

Le secteur industriel représentait 17 % des émissions de gaz à effet de serre en France en 20241. Les activités énergo-intensives (chimie, métallurgie, sidérurgie, agroalimentaire, bois, papier, fabrication de caoutchouc, plastique, verre) sont dans l’ensemble les plus émettrices de gaz à effet de serre. L’approvisionnement énergétique du secteur est encore largement assuré par les combustibles fossiles, avec une prédominance du gaz naturel, même si leur part recule progressivement : elle est passée de 63 % en 1990 à 48 % en 2024, notamment grâce au recours aux bioénergies et aux réseaux de chaleur.

En revanche, la part de l’électricité dans la consommation finale du secteur industriel n’a que légèrement progressé au cours des 25 dernières années, passant de 32 % en 1990 à 36 % en 2024. 

La consommation finale d’électricité du secteur de l’industrie est tendanciellement en baisse depuis près de deux décennies en France, tout comme sa consommation d’énergie finale tous vecteurs confondus. Cette tendance reflète notamment l’effet des actions d’efficacité énergétique, qui ont été largement développées dans ce secteur au cours des dernières décennies, ainsi que la baisse d’activité dans les secteurs électro-intensifs, qui s’est cependant arrêtée à partir des années 2010. Depuis quinze ans la part de l’industrie manufacturière dans le PIB s’est globalement stabilisée autour de 10 % (elle était de 16 % en 2000).

Comme l’a souligné le Bilan prévisionnel 2025, plus de 170 grands projets dans l'industrie et le numérique sont en cours de développement pour contribuer à la décarbonation des sites industriels existants, à la réindustrialisation ou à la souveraineté numérique. Même si pour l’instant les effets sur la consommation du secteur ne sont pas visibles, de nombreux projets d’électrification ainsi que de nouveaux sites industriels se sont vus attribuer des droits d'accès au réseau de transport d'électricité. . Ils atteignaient au premier novembre 2025 environ 30 GW, dont 14 GW de datacenters, 9,5 GW pour des unités de production d’hydrogène et 6,5 GW pour des projets d’électrification de sites industriels existants ou bien de nouveaux sites industriels.

Sur ces 30 GW, environ la moitié concerne des projets dont une mise en service est prévue pour la période 2025-2029 et qui devrait conduire à une hausse de la consommation dans les années à venir, même si celle-ci est difficile à estimer précisément du fait des incertitudes qui pèsent sur les vitesses de montée en charge et les taux de réalisation des projets. En effet, ces demandes ne sont pas engageantes et RTE ne dispose pas d’informations sur le niveau de maturité et d’avancement du projet formulé par l’acteur. Le dispositif doit désormais être repensé autour d’un recensement sectoriel des projets pour maximiser les chances d’obtenir des concrétisations industrielles conformément au cadre prévu par la délibération de la CRE du 23 juillet 2025.
 

PTF
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En matière de réalisations concrètes, un premier projet d’envergure dans l’hydrogène a été raccordé au réseau de RTE à l’automne 2025. Il s’agit du projet Normand’Hy, porté par le groupe Air Liquide à Port-Jérôme-sur-Seine, qui permettra de produire de l’hydrogène bas-carbone à partir d’électrolyse et ainsi de décarboner en particulier l’hydrogène utilisé par la raffinerie de Normandie de Total Energies, située à proximité. La mise en service opérationnelle de ce projet est prévue au cours de l’année 2026.

Pour ce qui est de l’industrie manufacturière, on peut également citer le remplacement d’une chaudière à gaz par une chaudière électrique pour la production d’alumines par le groupe Alteo à Gardanne (8 MW), installation de fours électriques dans le secteur verrier (chez Verallia à Cognac ou le groupe Pochet en Seine-Maritime), ainsi que dans la métallurgie avec le projet Vulcain de Saint-Gobain PAM à Foug en Meurthe-et-Moselle (four électrique de 20 MW venant remplacer un four à cubilots au charbon). Enfin, on peut également mentionner la mise en place d’un démonstrateur de pompe à chaleur industrielle haute température dans le secteur papetier, avec le projet TransPAC de WEPA Greenfield à Château-Thierry.

Des dispositifs de soutien existent pour faciliter et accompagner les investissements dans les projets de décarbonation par l’électrification des usages car ces derniers nécessitent le plus souvent des investissements élevés. L’un des dispositifs existants est le programme d’investissements France 20302, qui participe notamment au financement de l’Appel d’offres Grands Projets Industriels de Décarbonation (AO GPID) opéré par l’ADEME3.  Cet appel d’offres permet de soutenir les plus gros projets de décarbonation industrielle, en accompagnant les lauréats sur quinze ans. La première édition a permis de sélectionner sept projets qui permettront d’éviter 3,8 Mt CO2éq/an, soit 24 % des émissions nationales du secteur industriel à abattre d’ici 2030, avec une enveloppe de 1,6 milliard d’euros.  Deux de ces projets ont pour objectif de remplacer des équipements fonctionnant à partir d’énergies fossiles : l’un par une chaudière électrique, l’autre par un four alimenté par de l’hydrogène vert. Des dispositifs existent aussi au niveau européen avec le fonds pour l’innovation européen dédié à la réduction des émissions de GES4.

L’abondance de la production d’électricité française, bas-carbone et compétitive constitue aujourd’hui un atout pour renforcer la souveraineté énergétique de la France et réduire le poids des importations d’énergies fossiles dans la balance commerciale en développant ces nouveaux usages. Il apparaît désormais essentiel de pouvoir accélérer la concrétisation de ce type de projets. 
 

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Ministère de l'économie, France 2030 : un plan d'investissement pour la France, octobre 2023