En 2025, le prix spot français a atteint des niveaux parmi les plus compétitifs d’Europe, derrière les pays nordiques. Il est en quatrième position derrière ceux de la Norvège, de la Finlande et Suédois, dont le mix de production d’électricité est presque entièrement décarboné, et inférieur à celui de tous les pays limitrophes.
Les prix en France se sont largement découplés par rapport à ceux des pays voisins. Notamment, les écarts de prix atteignent désormais entre 20 et 50 €/MWh pour l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Suisse et l’Italie du Nord. En particulier, le prix spot français a été inférieur au prix spot allemand pour la deuxième année consécutive alors qu’il fallait remonter avant cela à l’année 2011 pour observer une pareille situation. Le retournement du spread entre les deux pays s’explique structurellement par les évolutions du mix allemand qui a fermé sa dernière centrale nucléaire en 2023 mais également par le redressement de la disponibilité et de la production du parc nucléaire français et par deux années peu favorables pour la production éolienne en Allemagne. Le prix français est resté, pour la deuxième année consécutive, également inférieur au prix espagnol, avec un écart de 4 €/MWh en faveur du prix (contre 5 €/MWh en 2024). En regardant à la maille mensuelle, le signe du spread entre la France et l’Espagne, tout comme le solde des échanges, a varié tout au long de l’année au gré de l’évolution de la production décarbonée et de la consommation des deux côtés.
Le fait que l’écart de prix soit inférieur pour l’Espagne s’explique par une forte part de la production décarbonée dans son mix et donc une plus faible dépendance aux prix des combustibles fossiles par rapport aux autres pays voisins de la France. Historiquement, les prix français étaient inférieurs aux prix espagnols mais le fort développement des énergies renouvelables en Espagne, combiné à la présence du nucléaire à hauteur d’environ 20 % du mix, a permis au mix espagnol de se rapprocher de la compétitivité du mix français (voir également les chapitres Europe et Échanges).
Les prix spot de l’électricité ont augmenté plus fortement dans les autres pays voisins, plus influencés que les prix français par les prix des combustibles fossiles : de l’ordre de la dizaine d’euros pour Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne et Italie et de presque trente euros concernant la Suisse.
La compétitivité du mix français s’observe également sur les produits à terme annuels pour livraison l’année suivante. Seule l’Espagne affiche un niveau de prix similaire en moyenne, mais à partir du mois de septembre le prix à terme français est même passé en dessous du prix espagnol. Cette inversion entre les prix à terme des deux voisins marque une rupture avec la période allant de fin 2021 à mi-2024 pendant laquelle les prix espagnols sur les marchés à terme étaient plus compétitifs que les prix français.
La compétitivité du mix électrique français reflète l’abondance de production bas carbone à faible coût variable en France et offre un atout considérable pour décarboner l’économie et accueillir de nouveaux usages (voir le chapitre Électrification ainsi que le Bilan Prévisionnel 2025 publié par RTE à l’automne).