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Annual Electricity Review 2025

BE 2025 - Émissions

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Le contenu carbone de la production d’électricité française est l’un des plus bas d’Europe : c’est un levier pour la décarbonation de la consommation d’énergie du pays

En France, la production d’électricité est d’ores et déjà presque entièrement décarbonée et représente ainsi un volume d’émissions faible en comparaison des autres secteurs de l’économie ou en comparaison de la production électrique dans certains pays voisins. 

En revanche, la consommation énergétique de la France (toutes énergies confondues) s’appuie encore largement sur les énergies fossiles importées, à près de 60 %. Ceci met en évidence l’intérêt d’accélérer l’électrification en s’appuyant sur un mix électrique déjà largement décarboné (voir le chapitre Électrification des usages). 

En 2025, pour la troisième année consécutive, les émissions directes liées à la production d’électricité française ont poursuivi leur baisse et atteint un minimum historique depuis 1945, s’élevant à 10,9 MtCO2éq. Il s’agit d’un niveau comparable, mais en légère baisse, par rapport à celui observé en 2024 (11,7 MtCO2éq). 

Du point de vue de l’intensité carbone, c’est-à-dire de la quantité d’émissions rapportée à la quantité d’énergie produite, l’électricité française est l’une des plus décarbonées d’Europe, avec 19,6 gCO2éq par kWh produit sur l’année 2025, très loin devant la plupart des autres pays ; la moyenne dans l’Union européenne (plus la Suisse, la Norvège et le Royaume-Uni) est de 178 gCO2éq par kWh. Malgré une consommation d’électricité par habitant relativement élevée par rapport à des pays européens comparables1, la production d'électricité pèse peu dans le bilan carbone national : moins de 5 % en France, contre environ 20 % pour l'Allemagne, l'Espagne ou l'Union européenne dans son ensemble2 3.

Le recours à la production d’électricité d’origine fossile a été particulièrement peu fréquent en 2025, ce qui explique ces niveaux d’émissions particulièrement faibles (voir le chapitre Production). En particulier, le recours aux filières fossiles les plus intensives en émissions, le charbon et le fioul, a été quasi-nul. La production au gaz, qui s’appuie aujourd’hui essentiellement sur du gaz fossile, émet un peu moins de gaz à effet de serre que le charbon et le fioul. Elle représente aujourd’hui l’essentiel de la production d’électricité d’origine fossile en France et a également atteint un niveau historiquement bas en 2025.

Avec une production d’électricité française aujourd’hui presque entièrement décarbonée, l’enjeu de décarbonation pour la France réside principalement dans le fait d'organiser la substitution à grande échelle des énergies fossiles par l’électricité décarbonée dans d’autres secteurs que la production électrique (transports, bâtiments, industrie notamment). Ceci impliquera une croissance de la consommation électrique à moyen/long terme

La décarbonation du mix électrique a été opérée progressivement et avec succès au cours des dernières décennies, avec le développement et le maintien d’un socle important de production bas-carbone hydraulique et nucléaire, puis par la fermeture des moyens de production les plus polluants (au charbon et au fioul) et par le développement du parc de production solaire et éolien. Il s’agit désormais, pour le système énergétique français dans son ensemble, de poursuivre conjointement deux dynamiques :

  • Du point de vue de la consommation, concrétiser la bascule massive des vecteurs énergétiques fossiles vers l’électricité dans tous les secteurs (transports, industrie, bâtiments tertiaires et résidentiels (voir le chapitre Électrification) ainsi que pour les nouveaux usages (data centers, électrolyseurs) ; 

  • Du point de vue de la production, disposer d’une trajectoire de développement des moyens de production bas-carbone qui soit cohérente avec la trajectoire de décarbonation de l’économie visée.

Ces enjeux sont étudiés et développés en détail dans le Bilan prévisionnel 2025-2035 publié par RTE fin 2025.

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En raison notamment de la part plus élevée du chauffage électrique par rapport à d’autres pays. En 2024, la consommation d’électricité s’élèvait à environ 6 600 kWh/habitant en France, contre 6 000 kWh/habitant en Allemagne, 5 900 kWh/habitant dans l’Union européenne, et moins de 5 400 kWh/habitant en Espagne et en Italie (source : Eurostat).

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Sources : CITEPA, Rapport Secten 2025, 2025 ; European Environment Agency ; Eurostat ; ENTSO-E ; calculs RTE.

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Les émissions territoriales brutes de l’Union européenne se sont élevées à 3 039 MtCO2éq en 2024 (source : European Environmental Agency). Les émissions directes dues à la production d’électricité dans l’Union européenne ont atteint 519 MtCO2éq (source : Ember Climate, Yearly electricity data, 2025).

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Largement décarbonée depuis la fin des années 1980, la production française d’électricité l’est aujourd’hui presque entièrement

À partir du début du 20ème siècle, il est possible d’identifier six grandes périodes pour le système électrique français du point de vue des émissions de gaz à effet de serre1 :

  • Avant 1945, l’électricité occupait une place relativement restreinte dans le système énergétique du pays. Au cours de cette première moitié du 20ème siècle, son usage se généralise, notamment pour l’éclairage, mais il n’existait pas encore de réseau de transport unifié, et les installations de production étaient pour la plupart privées, à usage industriel. L’essentiel de la production était issu du charbon et de l’hydraulique ;

  • De l’après-guerre jusqu’à la fin des années 1970, la production restait fortement carbonée : la croissance importante de la consommation d’électricité (+1 % par an en moyenne), dans un contexte de fort développement économique et d’électrification du pays, était couverte essentiellement par l’hydroélectricité, les centrales au charbon et au fioul. Ainsi, l’intensité moyenne de la production d’électricité en France se maintint entre 400 et 500 gCO2éq/kWh. En 1976, les émissions annuelles liées à la production d’électricité en France atteignaient près de 100 MtCO2éq ;

  • Durant les années 1980, la mise en service à un rythme soutenu des réacteurs nucléaires qui composent le parc actuel, en parallèle de la poursuite de la croissance de la consommation nationale d’électricité (+0,4 % par an en moyenne sur la décennie), a eu pour effet une décarbonation très rapide du mix électrique français2. Ce déploiement a vu le parc au fioul quasiment disparaître et les émissions liées au charbon diminuer de moitié entre 1980 et 1990. En conséquence, l’intensité carbone de la production française a été divisée par quatre en dix ans : en 1990, elle était inférieure à 100 gCO2éq/kWh ;

  • Entre 1990 et la fin des années 2000, les émissions et l’intensité en émissions de la production sont restées relativement stables. Le mix électrique était dominé par le nucléaire, mais une partie (entre 10 et 20 GW) du parc thermique fossile, notamment au charbon, était encore en fonctionnement. Les émissions de gaz à effet de serre (entre 20 et 40 MtCO2éq) et l’intensité carbone (autour de 75 gCO2éq/kWh) sont restées stables sur la période ;

  • À partir du début des années 2010, et jusqu’au début de la crise énergétique de l’année 2022, le parc de production au fioul et au charbon a été progressivement réduit, sous l’effet du rehaussement des objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de polluants. Ces capacités de production ont été en partie remplacées par des centrales à gaz, moins émettrices à même énergie produite. La décennie 2010 a également été marquée par le développement de l’éolien et du solaire et une stabilisation de la consommation d’électricité. Tous ces facteurs ont contribué ensemble à faire baisser encore l’intensité de la production d’électricité française, qui a atteint 47 gCO2éq/kWh en moyenne au cours de la période 2010-2023. Au terme de cette période, il est possible de dresser le constat suivant : le système électrique français a quasiment achevé sa décarbonation. La crise énergétique de 2022, qui a entraîné une hausse ponctuelle des émissions résorbée dès l’année suivante, n’a pas significativement altéré cette dynamique ;

  • Au sortir de la crise énergétique, le système électrique français aborde la phase suivante de sa transformation : celle de levier pour la décarbonation de l’économie dans son ensemble. Dans cette nouvelle phase, il ne s’agit plus de décarbonation de l’électricité, mais de l’intégralité des consommations d’énergie en France. Cela passera par le développement massif de l’usage de l’électricité dans tous les secteurs, accompagné par l’évolution de l’appareil de production d’électricité bas-carbone en mesure de soutenir l’augmentation de la consommation. Comme le montrent les analyses des différents chapitres du Bilan électrique, ainsi que le dernier Bilan prévisionnel, cette phase reste à engager concrètement : la stagnation de la part de l’électricité dans la consommation d’énergie finale met en évidence le retard pris dans l’électrification. L’abondance de production d’électricité décarbonée dessine en revanche une situation favorable pour accompagner l’accélération de l’électrification du système énergétique français.

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Les facteurs d’émissions des différentes filières production utilisés pour le calcul des émissions sur toute la période 1950-2025 sont les facteurs d’émissions actuels (voir Annexe du rapport complet). En toute rigueur, il faudrait tenir compte du fait que les facteurs d’émissions ont tendance à diminuer (très lentement) dans le temps avec l’amélioration de l’efficacité des centrales, les évolutions concernant la qualité des combustibles fossiles, etc. Cependant, l’approximation qui est faite ici n’est pas de nature à modifier substantiellement les résultats de l’analyse.

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L’objectif principal étant à l’époque l’amélioration de la souveraineté énergétique et non pas la décarbonation du mix.

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Des émissions durablement faibles qui témoignent du changement d’ère pour la production d’électricité en France

En 2022, la crise de la production en France avait conduit à une hausse réelle mais contenue des émissions du système électrique français (voir le chapitre Émissions du Bilan électrique 2022). Cet épisode singulier et conjoncturel n’avait que peu altéré la dynamique plus large de décarbonation profonde et progressive qui s’est concrétisée au cours des dix dernières années.

Les émissions avaient ensuite rapidement retrouvé un niveau particulièrement bas : en 2023, les émissions liées à la production avaient baissé de près d’un tiers par rapport à l’année précédente, atteignant 15,8 MtCO2éq, leur niveau le plus faible depuis 1953. Cette baisse s’expliquait essentiellement par le regain de la production bas-carbone, et particulièrement le redressement de la production nucléaire. Cette tendance baissière s’est ensuite maintenue : en 2024 les émissions ont atteint 11,7 MtCO2éq, en 2025 elles se sont élevées à 10,9 MtCO2éq. C’est une nouvelle fois un niveau historiquement bas, qui correspond même à celui du début des années 1930 (le volume de production, intégralement au charbon, était alors près de 30 fois moins important qu’aujourd’hui).

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Un peu moins de deux tiers (6,7 MtCO2éq) des émissions liées à la production proviennent de la filière gaz. Parmi celles-ci, près de 40 % (3,2 MtCO2éq) sont associées à des moyens de production assimilables à des cogénérations, c’est-à-dire des installations qui produisent principalement de la chaleur pour alimenter des procédés industriels ou bien des réseaux de chaleur urbaine, et dont l’électricité est un produit secondaire. Leur fonctionnement est indépendant des conditions du marché de l’électricité, et correspond à un « socle » de production et d’émissions (voir le chapitre Production) difficilement compressibles. La production d’électricité à partir de l’incinération de déchets non-renouvelables, qui, de même, est une filière dont le fonctionnement est principalement déterminé par le besoin de traitement des déchets, indépendamment des conditions du marché de l’électricité, représente environ un cinquième du volume d’émissions, soit 2,3 MtCO2éq.

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Ainsi, la part des émissions qui n’est pas assimilable aux cogénérations ou aux filières fatales ne représente que 40 % des émissions liées à la production d’électricité. Cette part correspond à des moyens de production qui permettent d’assurer l’équilibre du système lors des périodes de consommation élevée, avec des temps de fonctionnement relativement faibles. Ces émissions « résiduelles » du mix français sont à envisager, au moins à court terme, dans la mesure où elles permettent le bon fonctionnement du système et le développement par ailleurs du parc de production décarboné : cela représente un volume d’émissions limité par rapport au service rendu au système.

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La filière charbon n’est quasiment plus sollicitée sauf lors des périodes de forte consommation : elle a généré moins de 0,6 MtCO2éq sur l’ensemble de l’année, ce qui représente à peu près l’équivalent d’une journée d’émissions liées au transport routier en France. Il est intéressant de noter que les émissions totales liées à la production d’électricité correspondent quant à elles à environ trois semaines d’émissions du transport routier (voir la figure dans la Vue d'ensemble). 

À la maille horaire, l’intensité carbone du système électrique français est restée contenue toute l’année

En moyenne sur l’année 2025, l’intensité carbone de la production française a été de 19,6 gCO2éq/kWh, et l’intensité carbone de la consommation française, en prenant en compte les échanges d’électricité avec les autres pays, de 20,0 gCO2éq/kWh. Le fait que ces deux valeurs soient presque identiques s’explique par la position très largement et presque exclusivement exportatrice nette de la France au cours de l’année (voir le chapitre Échanges).

Près de la moitié du temps, l’intensité de la production comme de la consommation s’est située en dessous de 15 gCO2éq/kWh. Ce niveau pratiquement incompressible, qui s’apparente à « l’intensité de fond » du système, correspond aux émissions liées aux filières en grande partie fatales du point de vue du système électrique (voir l’analyse dans la partie précédente), c’est-à-dire l’incinération des déchets et les cogénérations.

Même dans un système électrique bas-carbone, l’intensité de la production et de la consommation sont susceptibles de connaître des sursauts ponctuels. Ceux-ci se produisent surtout en hiver, lors des périodes de consommation élevée, lors desquelles il est nécessaire de faire appel à des moyens de production thermique fossile, et éventuellement aux importations depuis des pays dont la production est plus carbonée. En 2023, par exemple, l’intensité carbone de la consommation avait dépassé 100 gCO2éq/kWh pendant environ 3 % du temps.

En 2025, fait notable, l’intensité est restée contenue même lors des périodes de forte consommation : elle a atteint un maximum de 58 gCO2éq/kWh. Il s’agit d’un niveau très bas, inférieur à l’intensité moyenne de la production française sur l’ensemble de l’année 2012. 

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Même en tenant compte des émissions sur le cycle de vie, les émissions liées au système électrique français apparaissent très faibles

L’intensité carbone liée à la production d’électricité peut être calculée en considérant uniquement les émissions directes, comme c’est le cas dans les paragraphes précédents, ou en incluant toutes les émissions liées à la production d’électricité sur le cycle de vie. Cette méthode permet de prendre en compte, en plus des émissions directes liées à la combustion en centrale (pour les centrales alimentées par les combustibles fossiles), l’ensemble des émissions liées au cycle de vie des installations de production : de l’extraction et le transport des combustibles et des matières premières ou des équipements, à la construction des infrastructures permettant la production d’une quantité donnée d’énergie. Certaines sources de production, comme l’éolien, le solaire et l’hydraulique, n’entrainent pas d’émissions directes, mais la construction des barrages, la fabrication et le transport des panneaux solaires et des éoliennes et leur installation, génèrent des émissions indirectes qui sont prises en compte dans cette approche.

En 2025, les émissions attribuables à la production d’électricité française en analyse de cycle de vie ont été de 15,7 MtCO2éq, soit un total très proche de celui déjà observé en 2024 (16,2 MtCO2éq). L’analyse au périmètre du cycle de vie entraîne le même constat que celle au périmètre des émissions directes : les émissions liées à la production d’électricité en France sont parmi les plus faibles d’Europe. L’intensité de la production a atteint 29,0 gCO2éq/kWh au périmètre du cycle de vie.

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Les émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie des énergies décarbonées restent très faibles par rapport à celles des moyens thermiques fossiles : 16 gCO2éq/kWh pour l’éolien terrestre, 17 gCO2éq/kWh l’éolien en mer, 43 gCO2éq/kWh pour le solaire photovoltaïque, 7 gCO2éq/kWh pour le nucléaire, 6 gCO2éq/kWh pour l’hydraulique, à comparer avec 941 gCO2éq/kWh pour les centrales au charbon, 928 gCO2éq/kWh pour les centrales au fioul et 389 gCO2éq/kWh pour les cycles combinés gaz, qui sont les centrales au gaz les plus performantes.

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À mesure que la part des filières thermiques fossiles diminue dans le mix de production, la part des émissions liées aux émissions directes issues de la combustion diminue, et, mécaniquement, la part des émissions liées au reste du cycle de vie des moyens de production augmente. Cela étant, malgré une part aujourd’hui importante dans le mix, la contribution cumulée de l’éolien, du solaire et de l’hydraulique aux émissions sur le cycle de vie de la production d’électricité reste très faible. Elles ont représenté en 2025 environ 16 % des émissions totales sur le cycle de vie liées à la production d’électricité en France (soit 2,6 MtCO2éq) pour une contribution au mix électrique du pays de l’ordre de 25 %. Les filières de production fossile, par contraste, ont constitué moins de 4 % du mix de production national, mais ont représenté 63 % des émissions sur le cycle de vie liées à la production d’électricité. Par ailleurs, en regardant le périmètre plus large de l’empreinte carbone du pays1, les émissions associées à ces trois filières de production renouvelable représentent moins de 0,5 % du total.

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L’empreinte carbone désigne l’ensemble des émissions, domestiques ou à l’étranger, qui sont attribuables à la consommation intérieure d’un pays donnée. Celle-ci comptabilise donc les émissions générées à l’étranger par la production de bien ou de services consommés dans le pays en question, mais pas les émissions générées dans le pays en question par la production de biens ou de service qui sont consommés à l’étranger. C’est une notion proche du cycle de vie, mais distincte : l’empreinte carbone repose sur l’attribution d’émissions à la consommation d’un territoire donné, alors que l’analyse du cycle de vie repose sur l’attribution d’émissions à un usage, une activité ou un objet donné. La part de l’empreinte carbone que constituent les émissions sur le cycle de vie des filières renouvelables est ici donnée à titre indicatif sur la base de l’empreinte totale 2024, la valeur pour 2025 de l’empreinte n’étant pas encore connue.

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Les exportations d’électricité bas-carbone française sont un atout pour le système électrique européen

La production d’électricité française étant presque entièrement décarbonée, les exportations du pays, qui ont atteint un niveau record en 2025 (92,3 TWh, voir le chapitre Échanges), contribuent également à éviter des émissions ailleurs en Europe. Les exports d’électricité vers les autres pays permettent en effet de limiter la production thermique fossile, à partir de charbon ou de gaz notamment, dans les pays voisins.  

Pour évaluer les émissions évitées, il est possible de comparer, pour chaque heure, l’intensité de la production française avec celle des pays vers lesquelles l’électricité est exportée. Les émissions évitées sont ainsi fonction, d’une part, du différentiel d’intensité carbone entre les mix de production de la France et des autres pays, et d’autre part de la quantité d’électricité exportée. Une telle approche implique nécessairement des simplifications, et néglige certains phénomènes propres au fonctionnement du système électrique : en particulier, il n’est pas tenu compte de l’effet qu’aurait une modification des échanges sur l’ordre de préséance économique dans chaque pays. Cela étant, l’analyse des émissions évitées ainsi calculées permet tout de même de dégager des tendances, notamment dans le temps et dans la répartition géographique.

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En 2025, les exportations de la France ont permis d’éviter l’émission près de 27 MtCO2éq en Europe, dont près de la moitié ont été évitées en Italie, et un cinquième en Allemagne. Il s’agit d’un niveau record, porté d’une part par la légère augmentation du solde exportateur, et d’autre part par la différente répartition des exportations : notamment, la proportion d’exportations vers l’Italie, pays avec lequel le différentiel d’intensité carbone est parmi les plus importants, a été plus élevée en 2025, alors que les exportations vers l’Espagne, dont le mix est majoritairement décarboné, ont diminué (voir le chapitre Échanges). Plus largement, la croissance du solde des exportations au cours des deux dernières années a compensé l’effet de la décarbonation progressive de la production ailleurs en Europe (voir le chapitre Europe), et donc la baisse du différentiel d’intensité carbone entre la France et les autres pays.

Les émissions liées aux importations d'électricité sont quasi-nulles

Les émissions liées au système électrique français peuvent être évaluées selon différents périmètres (voir le tableau ci-après) : celui de la production d’électricité en France, détaillé dans les parties précédentes, mais également celui de la consommation d’électricité en France. En effet, en plus de la part servant à couvrir la consommation nationale, une partie de l’électricité produite en France est exportée vers les autres pays européens. À l’inverse, une partie de la consommation française est couverte par des importations d’électricité produite à l’étranger, notamment lors des périodes de forte consommation en hiver, ou lorsqu’il est plus économique d’importer depuis les pays voisins (notamment en cas de production renouvelable abondante dans ces pays) que de démarrer des moyens de production plus coûteux en France.

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En 2025, les émissions liées aux importations d’électricité qui ont effectivement servi à alimenter la consommation française ont été proches de zéro. C’est une conséquence directe du fait que le pays a été près de 99 % du temps en situation d’exportations nettes.

En outre, on peut estimer qu’environ 17 % des émissions liées à la production d'électricité en France sont associées à des volumes d’électricité qui ont été exportés. Les émissions liées strictement à la consommation française d’électricité se sont élevées à 9,1 MtCO2éq, (voir la figure 1 plus haut pour une comparaison des ordres de grandeur).

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