En Belgique, trois réacteurs ont été mis à l’arrêt en 2025 (Doel-1 en début d’année, Tihange-1 et Doel-2 à l’automne) dans le cadre du processus de sortie du nucléaire décidé en 2003, après la mise à l’arrêt de deux autres réacteurs en 2022. La production nucléaire y a donc diminué de 7 TWh (-24 %) par rapport à 2024, et la part du nucléaire dans le mix de production a atteint 33 % en 2025, alors qu’elle était encore de 51 % en 2021. Les deux réacteurs opérationnels restants (mis en service en 1985), Doel-4 et Tihange-3, devaient initialement fermer en septembre 2025, mais leur durée de vie a été prolongée de dix ans en 2022 : ils devraient finalement fermer en 2035. Par ailleurs, en mars 2025, un vote du parlement a abrogé la loi de 2003, ouvrant la porte à une possible réouverture des réacteurs existants ou à la construction de nouvelles centrales.
En Suède, la diminution de la production nucléaire (4 TWh, -8 %) a été conjoncturelle. Elle est due à l’arrêt du plus important réacteur du pays (Oskarshamn 3, d’une puissance de 1,45 GW) d’avril à octobre : l’arrêt initial pour maintenance et rechargement de combustible a été rallongé en raison de la découverte d’une fissure sur un tuyau difficile d’accès du circuit primaire.
En Finlande, la production de l’EPR Olkiluoto 3, mis en service fin 2022, a été stable par rapport aux années précédentes, avec 10,1 TWh en 2025, de même que celle de la totalité de la production nucléaire du pays. La mise en service du réacteur a permis à la part du nucléaire dans le mix de production d’électricité finlandais de passer de 35 % en moyenne sur la période 2012-2021 à 40 % depuis.
La République tchèque est un des rares pays dont la production nucléaire a augmenté en 2025 (+2,2 TWh soit +8 %), atteignant son plus haut niveau des treize dernières années. Cette augmentation est principalement due aux deux réacteurs de la centrale de Temelin, qui n’ont connu qu’un arrêt en 2025, résultat d’investissements pour prolonger les cycles de combustible12. La part du nucléaire dans le mix électrique tchèque a atteint son plus haut niveau historique en 2025, à 42 %.
En Slovaquie, le réacteur 3 de la centrale de Mochovce, dont la construction entamée en 1987 avait été interrompue par la chute de l’U.R.S.S puis reprise en 2008, a été mise en service en 2023. Sa production a augmenté en 2024 puis 2025 (3,6 TWh) et a en partie permis à la production nucléaire slovaque de progresser de 1,1 TWh en 2025 (6 %). La construction du réacteur 4 a également débuté en 1987 puis connu les mêmes aléas. Sa mise en service pourrait intervenir en 2026, après les tests menés en 2025.
Hors de l’Union européenne, la production nucléaire suisse a diminué de 4,6 TWh entre 2024 et 2025 (-20 %) du fait de l’arrêt prolongé d’un réacteur pour une nécessaire modernisation du système d’alimentation en eau13. En Grande-Bretagne, la production a diminué de 4,2 TWh (-11 %) entre 2024 et 2025, principalement en raison d’une faible disponibilité du parc14. La production totale a atteint 34,1 TWh, un minimum sur la période 2012-2025 lié en partie à la fermeture de 11 réacteurs en fin de vie entre 2000 et 2022. Cinq réacteurs sont encore en service, pour une capacité installée totale de 6,5 GW. Enfin, l’Ukraine possède environ 13 GW de capacité nucléaire, pour une production annuelle entre 50 et 100 TWh, ce qui situe le pays devant l’Espagne en termes de production. La production nucléaire représente environ 50 % du mix de production d’électricité du pays, qui ne publie plus de données récentes depuis l’invasion à grande échelle de la part de la Russie.